l’appel républicain
Quel suiviste je fais ! Je n’ai pourtant pas eu envie de relayer ou signer ce coup de presse pour un titre qu’il m’est arrivé de mépriser ( cependant: Villepin et Ségolène Royal, côte à côte, dans un élan républicain transpartisan rare et oecuménique, cela ne passe pas inaperçu).
Le premier grand mess’ républicain d’un tel éventail depuis le retour de De Gaulle au pouvoir en 1958 et la signature par Galouzeau de Villepin dans Charlie Hebdo…? Face à un ennemi commun et identifié, on oublie, à juste titre, ses préventions…
Eric Mainville, Dagrouik, et Nicolas J. ne s’y sont pas arrêtés non plus. Seul Martin P de Sauce y songera …
Et je me reconnais bien dans l’essentiel de ce qui est dit là. Une tribune qui souligne l’hybride infécond et tragi-comique que constitue pour l’heure la présidence de Nicolas Sarkozy et le personnage présidentiel…
"Défaut d’incarnation de la fonction présidentielle": Stéphane Rozès résumait bien ad minima ce matin, sur BFMRadio, ce qu’il faut penser. Pour ne pas prendre de risque pour son institut,on peut aussi le comprendre plus prosaiquement.
Mais le tragique, ce sont ces millions de votants trompés si vite, si vite floués, eux qu’on avait accusé avec justesse d’être des irresponsables, à la fin de la campagne présidentielle. Tous ces bayrouistes d’un jour, conservateurs pour toujours, qui aujourd’hui voient les perspectives professionnelles de leur progéniture toujours aussi morose. Parce que, collectivement, ce gouvernement est incapable. Et que, pris un par un, chacun des ministres qui le composent n’ont que des compétences réglementaires. Or, le Parlement est évidemment impuissant à prendre la relève. Et donc, la droite sarkozyenne bloque plus encore le pays que sa prédécesseure…
Voter Sarkozy, c’était irresponsable. Ils l’ont fait en conscience, par surmoi conservateur et comme un certain nombre de députés Rad-Soc avaient pû se résigner à voter les pleins pouvoirs à un Maréchal important. Autre temps, mêmes moeurs.
Disons-le clairement: Sarkozy ne rebondira pas. Il en est incapable car il ne souhaite pas s’atteller à une fonction trop difficile pour lui. C’est peut-être pour cela qu’autant de "Gaullistes" (Dupont-Aignan…) se reconnaîssent dans cette tribune.
Un gouvernement marginalisé, dont le travail s’avère pré-mâché par les conseillers du Prince. Rupture.
Un Président qui semble déserter la fonction, parlant tour à tour comme croyant ou comme laïc. Rupture.
Un Président qui veut mettre la politique en chiffres, comme s’il s’agissait de vendre des petits pois. Rupture.
Un Président qui entend diriger ses équipes comme un manager d’hypermarché, distribuant bons et mauvais points, primes ou sanctions. Rupture.
Un Président qui reste chef de parti et dont le domaine réservé est davantage la Mairie de Neuilly que la politique de défense. Rupture.
Un Président qui prétend substituer au débat contradictoire traditionnel entre majorité et opposition la mise en scène des divergences entre ses courtisans et ses ministres. Rupture.
Un Président qui affirme devoir être heureux pour gouverner le pays. Rupture.
Un Président qui annule ses rendez vous du soir et du matin pour vivre pleinement son couple. Rupture.
La liste est longue des stupéfiantes innovations, que, volontairement ou involontairement, Nicolas Sarkozy a introduit dans la politique présidentielle. Ce nouveau cours suscite donc des inquiétudes, une anxiété même. C’est cette anxiété, qui risque bien de s’amplifier dans les semaines et les mois à venir, que traduit l’appel républicain de dix-sept hommes et femmes politiques que nous reproduisons ci-dessous. On ne doit pas se tromper sur sa signification : si des personnalités politiques de premier plan qui ont l’habitude de s’affronter sur la scène public depuis des années, prennent le risque de s’afficher au bas d’un même texte à quelques jours d’un scrutin dont le président lui a annoncé qu’il serait politique, si cet appel a recueilli la signature de plusieurs hommes et femmes politiques de la droite républicaine, c’est bien que le contexte politique créé par huit mois de sarkozysme est totalement inédit.
A lire. A méditer.
Avant d’agir ?
Pour une vigilance républicaine
Les soussignés se réclament de sensibilités très diverses, et ils ont sur un certain nombre de sujets importants des positions très différentes, mais ils ont malgré tout en commun un certain nombre de convictions et de valeurs qu’ils entendent réaffirmer.
- Leur attachement au principe républicain et, en conséquence, leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective.
- Leur attachement aux fondamentaux d’une laïcité ferme et tolérante, gage de la paix civile.
- Leur attachement à l’indépendance de la presse et au pluralisme de l’information.
- Leur attachement aux grandes options qui ont guidé, depuis cinquante ans, au-delà des clivages partisans, une politique étrangère digne, attachée à la défense du droit des peuples et soucieuse de préserver l’indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever les défis du XXI° siècle.
Au-delà de leurs divergences, les soussignés tiennent à rappeler leur engagement à défendre, séparément ou ensemble, ces impératifs, comme toujours cela fut fait au cours de l’Histoire de la République.
Pierre Lefranc, ancien chef de cabinet du Général de Gaulle
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre
Ségolène Royal, ancien ministre, Présidente de la région Poitou-Charentes
François Bayrou, ancien ministre, député des Pyrénées-Atmantiques
Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre
Corinne Lepage, ancien ministre
Nicolas Dupont-AIgnan, député de l’Essonne
Bertrand Delanoë, maire de Paris
Maurice Leroy, député de Loir-et-Cher
Nöel Mamère, député de la Gironde
Jean-Christophe Lagarde, député de la Seine-Saint-Denis
Marielle de Sarnez, conseillère de Paris
André Gérin, député du Rhône
Arnaud Montebourg, député de la Saône-et-Loire
Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir-et-Loire
Jean-Pierre Brard, député de la Seine-Saint-Denis
Jean-Paul Bled, président des Cercles universitaires d’études et de recherches gauliennes
